Le Grand Carême, c'est le "Printemps des âmes". C'est le moment où la terre gelée de notre cœur commence à dégeler sous les rayons du «Soleil de justice» (cf. Malachie 3, 19-20), pour que les fleurs de la grâce puissent éclore à Pâques.
Le Grand Carême n'est pas une simple période de privation. C'est un pèlerinage spirituel de quarante jours (auxquels s'ajoute la Semaine Sainte), avec un point de départ, un itinéraire et, surtout, une destination.
« Lorsqu’un homme part en voyage, il doit savoir où il va. Ainsi en est-il du Grand Carême. Avant tout, le Carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques, la “Fête des fêtes.” » (Alexandre Schmemann, Le Grand Carême.)
C'est à partir de sa destination qu'il faut comprendre le Carême : la fête de Pâques, qui est la fête centrale de la foi chrétienne. Elle est la célébration de la Résurrection du Christ, et la promesse de la nôtre. C’est le cœur de notre foi chrétienne ; c’est le but ultime vers lequel nous nous efforçons de sauvegarder l’orientation de notre vie. Par sa victoire sur la mort, le Christ offre aux croyants une vie nouvelle, reçue lors du baptême. Lors de l’immersion dans l’eau du baptême, nous mourrons avec le Christ et nous ressuscitons avec lui, afin de vivre de sa vie divine.
Un pèlerinage se définit par son but. On marche vers la Résurrection.
Le Grand Carême n'est pas une fin en soi. C’est un chemin qui débouche sur la lumière éclatante dans la nuit de Pâques.
La destination n'est pas un lieu géographique (comme Jérusalem ou Rome), mais un événement : la victoire de la vie sur la mort.
Les grandes fêtes de l’Église expriment des mystères éternels, aux dimensions cosmiques. Ainsi en est-il de la fête de Noël, où le Créateur de l’Univers se fait petit enfant ; ainsi en est-il de la Fête des fêtes, celle de Pâques, fête de la Résurrection, où le Christ vainc la mort. Pourtant, pris par nos occupations et nos soucis quotidiens, nous risquons de traverser ces moments sans les vivre vraiment, sans en prendre conscience. C'est pourquoi l’Église a institué des temps de préparation :
le Carême de Noël (du 15 novembre au 25 décembre) ;
le Carême de la Dormition (du 1er au 15 août) ;
le Grand Carême (avant Pâques).
L’Église sachant par expérience que nous avons tendance à nous disperser dans le monde, a mis en place une période spéciale où nous faisons cet effort particulier pour nous réajuster et nous recentrer sur l’essentiel, notre faim et notre soif de Dieu.
Tout pèlerinage commence par l’acte de quitter son confort et ses routines ordinaires. Le dimanche précédant le Grand Carême s'appelle « le dimanche de l'exil d'Adam ». Dans ce récit biblique (cf. Genèse 3, 22-24), le fidèle reconnaît l'image de la situation qu'il endure, sa vie tiraillée par son aspiration à Dieu entravée par toutes sortes de travers et de nécéssités. Nous reconnaissons que notre état actuel (nos habitudes, nos égoïsmes) est une sorte de terre étrangère.
Se mettre en route, c'est décider de quitter cette "Égypte" spirituelle, à l'image du peuple Hébreu (cf. Livre de l'Exode 12, 33 et la suite...), pour retourner vers la "Terre Promise" par Dieu, image et promesse de l'état originel de l'humanité en communion avec le Créateur.
Comme les Hébreux dans le Sinaï ou le Christ pendant quarante jours, le fidèle traverse un désert intérieur. Le jeûne et la prière sont les « chaussures » du pèlerin. Ils servent à s'alléger pour marcher plus vite et plus loin.
Le mot clé du Carême est la métanoïa. Souvent traduit par "repentance", il signifie littéralement "changement d'intelligence" ou "retournement de l'esprit".
Ce n'est pas se sentir coupable, c'est réaliser qu'on s'est trompé de direction et faire demi-tour vers Dieu.
C'est un temps pour "désencombrer" son âme.
La tristesse radieuse (en grec xαρμολύπη, charmolepe, mot formé par la combinaison des mots joie et tristesse) exprime l'état d'esprit de la repentance, qui est un renouveau. Le Carême est sérieux, on s'y confronte à nos faiblesses, mais cette tristesse est radieuse car elle est baignée par l'espérance de la Résurrection. On ne fait pas "tête de carême" ; on se prépare à une fête !
Pour réussir ce voyage, l'Église nous propose trois outils indissociables :
Le jeûne : On ne jeûne pas pour "souffrir", mais pour libérer l'esprit de la tyrannie du ventre. En simplifiant notre assiette (en règle générale : pas de viande, de produits laitiers, ni d'alcool en semaine), on redécouvre une faim plus profonde : la faim de Dieu. Il ne faut pas penser en terme de défendu et de permis : ce n'est pas le jeûne qui sauve, mais la grâce. Le jeûne doit être vu comme un entraînement (ascèse vient du grec askesis, qui signifie exercice) pour travailler notre terre intérieure pour que la semence de la grâce puisse y porter ses fruits.
La prière : Le Carême devrait surtout être l'occasion d'une prière plus intense. On utilise notamment la Prière de saint Éphrem, qui résume tout l'esprit du Carême : "Seigneur et Maître de ma vie, ne m'abandonne pas à l'esprit d'oisiveté, de curiosité, de domination et de vaines paroles..." Vous la trouverez plus bas.
L'aumône : Le jeûne sans charité est une simple diète. Il doit nous ouvrir à l'amour : c'est sur l'amour et non sur le pratique du jeûne que porte la parabole du Jugement dernier (cf. Matthieu 25, 31-46). L'argent et le temps économisés sur le superflu peuvent être mis à profit pour ceux qui en ont besoin.
Le Grand Carême change l'atmosphère de l'église :
Les vêtements liturgiques deviennent sombres (violets ou noirs).
Les génuflexions : On se prosterne physiquement pour impliquer tout notre corps dans la prière.
La Liturgie des Dons Présanctifiés : Un office magnifique en semaine, le mercredi et le vendredi, où l'on communie au Dons qui ont été présanctifiés lors de la Divine Liturgie du dimanche, pour reprendre des forces par la Sainte Communion, car le combat est rude.
Cette prière rythme la vie liturgique du Grand Carême. On la récite à la fin de chaque office, du lundi au vendredi. Le samedi et le dimanche font exception, car leur caractère festif interrompt l'ordre strictement pénitentiel du Carême.
Seigneur et Maître de ma vie,
éloigne de moi l’esprit de paresse, de curiosité, de domination et de vaine parole.
(Une grande métanie = prosternation jusqu'au sol.)
Et donne à ton serviteur l’esprit de tempérance, d’humilité, de patience et d’amour !
(Une grande métanie.)
Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère !
Car Tu es béni aux siècles des siècles. Amen.
(Une grande métanie.)
Ensuite on s’incline douze fois en disant : « Ô Dieu, purifie-moi, pécheur ! »
Et l’on redit en entier la prière « Seigneur et Maître de ma vie… » en entier en se prosternant à la fin.
La prière de saint Éphrem est bien plus qu'une simple récitation ; elle est considérée comme une véritable aide-mémoire de l'ascèse. Elle nous rappelle que le progrès spirituel est une synergie : une coopération où l'homme abandonne sa volonté propre à la volonté divine.
Le premier enchaînement des demandes suggère une "généalogie" des vices. L'oisiveté : si l'esprit n'œuvre pas pour le bien, il glisse inévitablement vers le mal. La curiosité est engendrée par l'oisiveté, elle disperse notre attention. Elle nous empêche d'accéder à l'hésychia (le silence intérieur) et d'y demeurer pour prendre garde à nous-mêmes. La domination, c'est l'ambition, l'amour du pouvoir et de la gloire, qui fut l'ultime tentation du Christ au désert (cf. Matthieu 4, 1-12). Les vaines paroles désignent le bavardage inutile qui nous vide de notre recueillement. Une parole n'est pas vaine si elle est dite avec justesse.
En contrepartie, la prière propose des remèdes précis: La tempérance (ou chasteté) : c'est la maîtrise de l'esprit sur les désirs. Elle permet de ne pas se disperser et d'acquérir l'unité intérieur qui s'oppose à la dissipation de la curiosité. L'humilité : Elle est le remède direct à l'orgueil et au pouvoir. Elle seule permet de voir lucidement ses propres péchés. La patience ou la persévérance consiste à persévérer dans l'effort et à s'assimiler au Christ dans sa Passion. Elle aide à supporter les tentations, qu'elles soient extérieures ou intérieures. L'amour (ou la charité) est le sommet des vertus qui dompte la part irascible de l'homme (la colère) et l'égoïsme qui oriente tout vers soi.
La prière s'achève par une doxologie : "Car Tu es béni aux siècles des siècles". Cela nous rappelle que tout effort ascétique, toute lutte contre les passions et toute acquisition de vertu n'ont qu'un seul but : la glorification de Dieu.
a. La période préparatoire au Grand Carême
Le Carême est précédé par des dimanches de préparation pour nous mettre dans le bon état d'esprit :
Dimanche du Publicain et du Pharisien : On apprend que l'humilité du pécheur repentant est plus agréable à Dieu que la fierté de celui qui se croit juste par ses propres mérites.
Dimanche du Fils Prodigue : On contemple la miséricorde infinie du Père qui attend toujours notre retour, nous rappelant que le Carême est un retour vers notre "maison paternelle".
Dimanche du Jugement Dernier (ou de la Carnelevée) : On se souvient que l'amour concret envers notre prochain sera le seul critère de notre salut lors de la venue finale du Christ.
Dimanche du Pardon (ou de l'Expulsion d'Adam du Paradis) : On prend conscience de notre exil loin de Dieu et on se réconcilie mutuellement pour pouvoir franchir le seuil du jeûne le cœur léger.
b. La première semaine de Carême :
Le premier jour de Carême est appelé le "Lundi pur". Avant de commencer le Grand Carême, demandez la bénédiction à votre père spirituel, demandez pardon aux personnes avec qui vous êtes fâchés...
Traditionnellement, les trois premiers jours (Lundi, Mardi et Mercredi purs) sont les plus stricts. Certains fidèles et les moines tentent de ne pas manger du tout ou de ne prendre qu'un repas très frugal (pain et eau) le soir après les offices. Mais si c'est votre premier Carême, faites preuve de bon sens, et veillez à garder les forces nécessaires pour sa vie professionnelle et familiale : faire son devoir avec amour est aussi un effort de carême.
Pendant les quatre premiers jours (lundi, mardi, mercredi et jeudi), on lit en soirée le Grand Canon de saint André de Crète. C’est une longue méditation sur toute l'histoire de la Bible, où l'âme se reconnaît tour à tour dans les péchés de chaque personnage et implore la miséricorde de Dieu par de nombreuses prosternations.
c. Les dimanches du Grand Carême :
Chaque dimanche célèbre une victoire spirituelle ou un grand saint :
Dimanche du Triomphe de l'Orthodoxie : On célèbre la victoire de la vraie foi sur l'hérésie iconoclaste qui, pendant plus d'un siècle, a voulu bannir les images saintes des églises. Le rétablissement de la vénération des icônes est le confirmation du dogme de l'Incarnation. En devenant homme en Jésus-Christ, le Créateur est entré dans la matière. Vénérer l'icône, c'est p roclamer que la matière peut être sanctifiée et qu'elle peut véhiculer la présence divine. L'icône représente la Personne du Christ, à la fois Dieu et homme. (Le Père demeure irreprésentable.) Le Triomphe de l'Orthodoxie nous rappelle aussi que l'être humain est une icône de Dieu, créé à Son image et appelé à devenir à Sa ressemblance. Le Carême est justement ce travail de "restauration" : nous nettoyons la poussière de nos péchés pour que l'image de Dieu en nous retrouve tout son éclat et acquiert a ressemblance.
Dimanche de Saint Grégoire Palamas : On professe, à la suite de ce grand saint et théologien, que l'homme peut réellement participer à la vie de Dieu et être illuminé par Sa lumière incréée grâce à la prière et à l'ascèse.
Dimanche de la Vénération de la Sainte Croix : Placée au milieu du Carême comme une source de force, la Croix nous rappelle que le chemin du renoncement est aussi celui qui mène à la victoire sur la mort, car ne peut ressusciter que ce qui est passé par la mort. La période du jeûne nous fait éprouver la petite mort aux désirs mondains, aux préoccupations terrestres, pour faire grandir en nous la vie nouvelle du Christ, la vie divine.
Dimanche de Saint Jean Climaque : On honore l'auteur de L'Échelle Sainte comme un guide nous montrant que la vie spirituelle est une ascension patiente et méthodique vers Dieu.
Dimanche de Sainte Marie l'Égyptienne : On contemple la puissance de la repentance à travers l'exemple d'une grande pécheresse devenue une sainte immense, prouvant qu'aucun péché ne surpasse la miséricorde divine.
Le Grand Carême prend fin le vendredi soir qui précède avnt le dimanche des Rameaux, mais le jeûne se poursuit pendant toute la Semaine Sainte jusqu'à Pâques.
d. Le dimanche des Rameaux :
On célèbre l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem comme le Roi humble qui vient librement au-devant de sa Passion pour nous sauver. S'ouvre alors la Semaine Sainte.
Note importante pour les catéchumènes : Le jeûne est un outil, pas une loi rigide. Il doit être adapté à la santé et à la situation de chacun, toujours en dialogue avec son père spirituel. Le but est de briser l'orgueil, pas de briser le corps.
Durant le Carême, l'alimentation est simplifiée :
En semaine : Abstinence totale de produits animaux, d'huile et de vin, avec réduction des quantités (jeûne).
Samedi et dimanche : On maintient l'abstinence de produits animaux, mais la restriction de quantité est levée et l'huile ainsi que le vin sont autorisés.
Le but n'est pas la performance gastronomique "végane", mais la maîtrise de notre avidité naturelle et le détachement.
Commencer par le possible : Si le jeûne strict (sans viande, ni laitages, ni œufs, ni poisson) semble trop haut pour une première fois, fixez une règle claire avec l'accord de votre père spirituel ou de votre prêtre (par ex: retirer uniquement la viande et l'alcool en semaine).
La discrétion : Le Christ est clair : "Quand tu jeûnes, parfume ta tête" (Matthieu 6, 16-18). Évitez de crier sur les toits que vous jeûnez. Si vous êtes invités, privilégiez la charité sur la règle : si vous pouvez dire à votre hôte que vous jeûnez, tant mieux, respectez votre jeûne ; mais si cela risque d'être source de malentendus ou de tension, mangez ce qu'on vous sert avec gratitude.
L'aumône : Ce que vous économisez en ne mangeant pas de viande ou de plats chers, mettez-le de côté pour une œuvre de charité.
Ces règles sont le dépôt de l’expérience de l’Église : elles constituent une science spirituelle de la purification et de la transformation intérieure. Son efficacité est attestée par l’expérience des saints eux-mêmes. « C’est là, écrit le père Alexandre Schmemann, que l’Église a autrefois caché les trésors de son amour, de sa sagesse, de sa connaissance pratique de Dieu. »
Le Carême, c'est aussi faire "silence" pour entendre Dieu.
Le jeûne digital : Essayez de réduire votre temps d'écran (réseaux sociaux, séries, JT). Le Carême est l'opportunité de lutter contre nos addictions et dépendance. Il est bon de se priver pendant cette période de tout "scroll" inutile sur le téléphone et de le remplacer par la prière ou une lecture spirituelle.
Le jeûne de la parole : Essayez d'éviter les critiques, les potins ou les plaintes inutiles. C'est un jeûne difficile, mais fructueux.
«Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.» (Matthieu 12, 36-37)
La Prière de saint Éphrem : Nous vous conseillon de l'apprendre par cœur. Récitez-la matin et soir avec les métanies (prosternations). C'est l'une des "boussoles" du Carême.
L'assiduité aux offices.
Les lectures : Fixez-vous l'objectif soit de lire les lectures de l'Ancien Testament proposées par l'Eglise, soit de lire l'Évangile de Marc en entier durant le Carême. Certains livres sont recommandés :
Le Grand Carême d'Alexandre Schmemann. Ce livre explique non seulement le sens théologique du jeûne, mais aussi la beauté des offices liturgiques. Il transforme la vision du Carême : on passe de la "privation" à la "faim de Dieu".
Les dits des Pères du Désert (Apophtegmes) Ce sont de toutes petites histoires, souvent très percutantes et parfois drôles, des premiers moines d'Égypte. C'est parfait pour une lecture quotidienne (un ou deux dictons par jour).
Les livres suivants ont été écrits par des moines, pour des moines vivant dans un contexte radical. Un laïc ou un néophyte ne doit pas essayer d'imiter littéralement les exploits physiques (veilles prolongées, jeûnes extrêmes) qu'il y lit sans l'avis de son confesseur. Il est bon de lire ces livres pour l'esprit qui s'en dégage, et non pour copier les méthodes de manière mécanique.
L'Échelle Sainte de saint Jean Climaque. Écrit au VIIe siècle, il est lu chaque année dans presque tous les monastères orthodoxes pendant les repas ou les offices. Il présente la vie spirituelle comme une échelle de 30 échelons (pour les 30 années de la vie cachée du Christ) menant de la terre au ciel. Chaque chapitre traite d'une passion à combattre (la colère, l'orgueil, la gourmandise) ou d'une vertu à acquérir (l'obéissance, la simplicité, la prière). C'est une analyse psychologique d'une précision chirurgicale sur les mécanismes du cœur humain. Mais c'est un livre très ascétique.
Les Instructions Spirituelles de saint Dorothée de Gaza. Souvent considéré comme le livre de chevet idéal pour commencer, même pour les moines. Très pédagogique, rempli d'anecdotes concrètes sur la vie en communauté. Il y compare le monde à un cercle dont Dieu est le centre : plus les hommes se rapprochent du centre (Dieu), plus ils se rapprochent les uns des autres.
Les Discours Ascétiques de saint Isaac le Syrien. On monte ici en "haute altitude" spirituelle. C'est l'un des auteurs les plus aimés mais aussi les plus exigeants. Ce livre parle de la miséricorde infinie de Dieu, du silence, et de la "prière pure". Citation célèbre : "Qu'est-ce qu'un cœur compatissant ? C'est le cœur qui brûle pour toute la création : pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes, pour les démons et pour toute créature." On le lit pour nourrir l'amour de Dieu quand le jeûne devient aride.
La Philocalie (des Pères Neptiques). Ce n'est pas un livre, mais une vaste anthologie de textes s'étendant du IVe au XVe siècle. Ces traités enseignent la "garde du cœur", à repérer les "logismoi" (les pensées intrusives) et la Prière de Jésus : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur".
L'Évergétinos. Une immense compilation de récits et de paroles des Pères du Désert.
Le geste concret : Le Carême ne doit pas vous replier sur vous-même. Identifiez une personne isolée, un proche malade ou une association, et consacrez-leur du temps de manière régulière pendant ces six semaines.
1. Le piège du pharisien : Croire qu'on est "meilleur" parce qu'on ne mange pas de fromage alors que le voisin si. Le jeûne doit nous rendre humbles, pas fiers.
2. Le piège du découragement : Si vous craquez et mangez un steak la deuxième semaine, ne dites pas "C'est fini, j'ai tout raté". Demandez pardon à Dieu, et reprenez le jeûne au repas suivant. Le Carême est une série de nouveaux départs.
3. Le piège de l'épuisement : Ne cherchez pas à copier la règle des moines du Mont Athos dès la première année. Allez-y pas à pas, sous la guidance de votre père spirituel.